Délibération DLH 314
Intervention de Christian LE ROUX, Conseiller de Paris - 1er Adjoint au Maire du 7ème
Monsieur le Maire,
Enfin, nous avons une première évolution concrète sur les terrains de
l’ancien hôpital Laënnec. Je ne referai pas l’historique des vicissitudes
que nous avons connues. Je rappellerai seulement qu’aussi bien Edouard
FREDERIC-DUPONT et Martine AURILLAC en tant que Maires avaient souhaité que
toute opération privée sur ce site permette la création d’équipements
publics pour la Ville de Paris. Nous avons obtenu des logements sociaux que
nous avions demandés dès la rédaction en 2000 par l’AP-HP du cahier des
charges de la vente, donc bien avant votre élection. Nous assumons la
paternité de ces logements.
La présentation de la délibération qui nous est faite ne peut que nous
surprendre. En effet, si vous avez pris la peine de la lire, vous
constaterez qu’on nous demande de signer une convention avec l’OPAC, pour
la réalisation de 50 logements PLUS et 16 logements PLAI contrairement aux
80 annoncés et attendus. Où sont passés les logements manquants ?
Nous avons toujours demandé que, sur ce site, soient en priorité
construits des logements à loyers intermédiaires, pour permettre aux plus
de 900 familles du 7ème arrondissement qui sont en attente de logements de
pouvoir être relogées dans leur quartier. Nous constatons qu’une fois de
plus vous ne nous avez pas entendu et qu’au contraire sur ces 66 logements,
vous en proposez 50 en PLUS et 16 en PLAI. Comment voulez-vous dans ces
conditions, permettre aux familles aux revenus moyens de rester vivre dans
le centre de Paris.
Deuxième constatation : Nous n’avons été à aucun moment associés à ce
projet.
Pour avoir suivi un dossier similaire, avec l’OPAC, lors de la construction
du 93 rue Saint Dominique, que nous avions engagée et réalisée pendant la
précédente mandature. Nous avions eu avec l’OPAC et l’architecte de
l’immeuble, des discussions intelligentes et nous avions pu, à la fois
réserver le rez-de-chaussée pour créer notre maison des associations, ce
que nous avons réalisé ensemble et à la fois surtout étudier le bâtiment
lui-même pour trouver des solutions afin d’avoir des appartements grands,
moyens et petits. Nous avions pu trouver un terrain d’entente satisfaisant
pour l’intérêt de l’arrondissement.
Aujourd’hui, je constate que nous avons une délibération toute ficelée
d’avance. L’OPAC a mené à bien tout seul son projet sans aucune discussion
avec la mairie d’arrondissement malgré vos grandes déclarations médiatiques
et des pratiques que nous avons découvertes ce matin dans les
arrondissements de gauche. Il est anormal que certains puissent négocier
directement les types de programmes de logements sociaux avec les
opérateurs, alors que dans les arrondissements de l’opposition vous nous
tenez soigneusement à l’écart. Je découvre pour les PLUS, 7 appartements
d’1 pièce, 30 appartements de 2 pièces, 8 appartements de 3 pièces, 1
appartement de 4 pièces et 4 appartements de 5 pièces. Pour les PLAI, 2 d’1
pièce, 10 de 2 pièces, 2 de 3 pièces, 1 de 4 pièces, 1 de 5 pièces, c’est à
dire 7 logements pouvant éventuellement accueillir des familles de 2, voire
3 ou 4 enfants et plus. Je trouve cela totalement inadmissible.
Nous découvrons également dans cette délibération l’implantation de
services administratifs de quoi s’agit-il ? J’aimerais avoir des précisions
de votre part.
D’autre part, vous ne donnez aucune indication sur les utilisations des rez-
de-chaussée sur lesquelles je vous ai plusieurs fois interrogé. Nous
demandons qu’une utilisation pour des activités sociales ou associatives y
soit réservée. Mais si nous avions enfin la possibilité d’en discuter, je
suis convaincu que nous pourrions trouver ensemble des solutions
intelligentes pour l’intérêt général.
Alors, je sais bien que votre majorité ne fait rien pour les familles, et
nous avons là une démonstration supplémentaire que d’avoir des enfants à
Paris et demander en même temps un logement social est devenu totalement
incompatible.
Il est clair que nous avons essentiellement besoin d’appartements de type
F3 et plus, cela correspond notamment aux besoins formulés par les familles
modestes de notre arrondissement.
Or, contrairement à vos belles déclarations dans la presse, vous voulez
faire quitter Paris les familles moyennes, nous ne pouvons l’accepter.
Depuis notre séance du conseil de Paris des 7 et 8 mars derniers, je vous
ai interrogé à trois reprises sur les achats d’immeuble que vous avez
réalisés, nous n’avez pas à ce jour pris la peine de me répondre,
contrairement à l’obligation qui vous est faite, tellement cette question
vous embarrasse, tellement la réponse montrera votre rôle dans la
spéculation immobilière actuelle à Paris que dans un double langage, que
vous maniez avec talent, vous dénoncez en défendant sans succès les
locataires victimes de la vente à la découpe. Vous pourriez d’ailleurs
voter la proposition de loi de Martine AURILLAC sur ce sujet.
Sur le projet de Laënnec, nous pouvons permettre à des familles moyennes de
rester vivre dans la Capitale. Ni les types de logements, ni leurs tailles
ne sont compatibles avec cet objectif, puisque vous ne faites rien pour les
familles sinon les mépriser.
C’est pourquoi avec mes collègues, Michel DUMONT, Hélène RIMBERT et Yves
POZZO di BORGO nous avons déposé ce vœu simple et de bon sens, son adoption
montrerait l’intérêt que vous portez aux familles.
1 janvier 1970 par Christian Le Roux
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