Conservatoire 17-18 octobre 2005
Intervention de Christian LE ROUX
Monsieur le Maire
Je ne retiendrai pas les arguments que vient de présenter le Maire du 8ème
arrondissement, mon collègue François LEBEL concernant la répartition des
dotations de gestion et d’animation locale applicables aux conservatoires
que vous venez de municipaliser.
Je souscris totalement à l’amendement qu’il vous a présenté.
Je souhaite vous faire part de notre inquiétude devant cette répartition et
les conséquences que celle-ci peut avoir.
En effet, répartir les crédits en fonction de la population de chaque
arrondissement et du nombre d’élèves inscrits, qui d’ailleurs n’habitent
pas forcément l’arrondissement voire même Paris, dans chaque conservatoire,
pénalise les arrondissements de petite taille ou de taille moyenne. Je
prendrai comme exemple le conservatoire Erik Satie du 7ème arrondissement
qui depuis plusieurs années a une programmation de très grande qualité
grâce aux talents, non seulement de la direction, mais également de
l’ensemble des professeurs et des élèves.
Avec mes collègues Michel DUMONT, Hélène RIMBERT et POZZO di BORGO nous
nous interrogeons sur la justice de ce mode de répartition qui pénalise
les conservatoires actifs pour d’autres moins dynamiques. Vous allez
inciter à la consommation des crédits tel conservatoire au détriment de tel
autre.
Vous allez comme dans tant d’autres domaines et je pense notamment aux
caisses des écoles sacrifier les gestions vertueuses au profit des gestions
hasardeuses.
Ainsi concrètement pour le 7ème arrondissement nous avons découvert dans le
projet d’état spécial que la ligne animation pour le conservatoire
représente 17 383 € et la ligne location immobilière 5 120 €. Alors que le
budget prévisionnel 2006, du conservatoire sur la ligne animation et
location immobilière prévoit comme pour 2005 un budget de 36 600 €, nous
sommes donc loin du compte.
Est-ce normal que des arrondissements comme le 7ème arrondissement qui ne
peuvent disposer de salles municipales ou d’auditorium se voient ainsi
amputer son budget, malgré une servitude bien utile mais coûteuse que nous
utilisons deux fois dans l’année au théâtre Marigny dans le 8ème
arrondissement.
Nous sommes inquiets pour l’avenir et la qualité de la programmation du
conservatoire Erik Satie.
Nous sommes inquiets d’autant plus que la municipalisation que vous avez
engagée ne s’effectue malheureusement pas dans des conditions optimales
pour la gestion des personnels. Nous avons dû nous-mêmes cet été avec
difficultés régler des malentendus lourds entre la Direction des Affaires
Culturelles et la Direction des Ressources Humaines de la Ville pour éviter
des drames personnels pour les agents ballottés entre deux directions.
Je m’étonne aussi que les directeurs des conservatoires n’aient pas eu
connaissance des contrats signés par leurs collaborateurs sur lesquelles
ils ont autorités, ce qui en terme de gestion des ressources humaines ne
peut que compliquer leurs tâches quotidiennes. Ainsi par exemple, comment
avoir une bonne gestion du personnel lorsque vous ne connaissez pas le
nombre d’heures supplémentaires dévolu à chaque agent.
Je souhaite donc vous faire part de ces inquiétudes en vous demandant
d’inclure un critère supplémentaire dans l’attribution des crédits portant
sur un constat moyen de la politique d’animation et de programmation sur
les cinq dernières années de chaque conservatoire.
En vous demandant de ne pas abandonner la gestion des conservatoires à la
Direction des Ressources Humaines qui malgré toutes ces qualités ne connaît
pas forcément les spécificités des métiers des personnels des
conservatoires.
Vous évoquez en permanence votre souci de justice, les élèves, les
enseignants et les personnels des conservatoires méritent d’être traités
avec justice.
La politique ne doit pas interférer dans la politique d’enseignement
culturel de la Ville.
Il n’y a pas de bons conservatoires dans les mairies de gauche et de
mauvais conservatoire dans les mairies de droite, il n’y a que des élèves
qui méritent un enseignement de qualité.
1 janvier 1970 par Christian Le Roux
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